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Benoit Girondel, Maxime Cazajous, Antoine Guillon, Ludovic Pommeret, Diego Pazos, eh bien non. C’est bien Grégoire Curmer, 29 ans, qui est arrivé le premier au stade de la Redoute ce vendredi 18 octobre. Il remporte l’épreuve dans un temps impressionnant de 23h33′, après une course marquée par des incidents dès les premières heures. La majeure partie des favoris s’est trompée de chemin, leur faisant perdre entre 45′ et 1h pour certains.

Une course pleine de rebondissements

Comme chaque année, les coureurs de tête ont pris un départ rapide dans les rues de Saint Pierre, dans une ambiance incroyable. Rapidement un groupe de trois coureurs – David Hauss, Jordi Gamito et David Jeker – s’est détaché pour prendre les commandes. Le rythme était soutenu puisqu’au premier intermédiaire, à Domaine Vidot, les trois hommes passaient en 1h11′, soit 3′ de moins que François D’Haene l’année dernière. Grégoire Crumer était déjà lui bien lancé, il pointait à 2’22 de la tête en 13ème position.

C’est entre Domaine Vidot et Notre Dame de la Paix qu’un fait de course majeur a eu lieu. Bon nombre de coureurs, dont les trois hommes de tête plus, pour ne citer qu’eux, Maxime Cazajous, Antoine Guillon, Benoit Girondel, Ludo Pommeret, Diego Pazos, Arthur Joyeux-Bouillon, se sont trompés de chemin, tournant à droite à une intersection sur le parcours de la Zembrocal. Selon l’organisateur, il y a eu un acte malveillant, une balise a été enlevée à cet endroit stratégique. Le fait est que cela a profité à Grégoire Curmer, qui s’est emparé de la tête. Il pointait 1er à Notre de Dame de la Paix, 1’26 devant le local Nicolas Rivière. 

Le Chamoniard a ensuite réalisé la course parfaite. Rejoint dans un premier temps par le Réunionnais, c’est entre Mare à bout et Cilaos qu’il a fait la différence, prenant plus de 4′ d’avance. Progressivement ensuite il a creusé son écart. Néanmoins, les favoris, qui ont perdu entre 45′ et 1 heure dans leur mésaventure ont mené ensuite une remontée fantastique. Maxime Cazajous a lancé la fronde, il pointait à seulement à 6’23” à Sentier Scout. On croyait alors qu’il serait capable de prendre la tête, mais progressivement la fatigue accumulée l’a contraint à réduire le rythme, laissant s’envoler Grégoire Curmer vers la victoire.

Si ce fait de course a eu forcément un gros impact sur le résultat final, il faut malgré tout noter le temps impressionnant de l’homme de la vallée de Chamonix. Avec ce temps de 23h33′, il se place au niveau des tout meilleurs dans l’histoire de la course (même s’il est difficile de comparer avant 2016, puisque le parcours variait chaque année). L’année dernière, dans un contexte tout autre, Benoit Girondel et François d’Haene s’étaient imposés en 23h18 (ils n’avaient pas bataillé pour la victoire donc on peut imaginer qu’ils auraient pu faire un meilleur temps).

Grégoire Curmer, un inconnu ?

Ce Grand Raid 2019 ne présentait aucune grande star au départ, mais le plateau restait dense et très homogène. Grégoire Curmer n’a pas été beaucoup cité avant la course et pourtant, le Français a déjà de belles références à 29 ans.

Pour sa première année de trail, en 2013, il montrait déjà son potentiel en terminant 9ème du 80km du Mont Blanc. Cette année là le podium était “correct” : François d’Haene, Michel Lanne, Xavier Thévenard…rien que ça. Entre 2014 et 2017, il a connu des résultats corrects, sans être extraordinaire. On notera tout de même une 13ème place au Tor des Géants 2017. 17ème de l’UTMB 2018, il a cette année signé de belles performances, dont une 2ème place au 100 Miles of Istria, avant de prendre une 5ème place à la TDS derrière, entre autres, Ludovic Pommeret (3ème).

Sa victoire sur le Grand Raid 2019 est de très loin sa plus grande performance. On peut parler évidemment de surprise, mais dans cette édition très homogène, c’était une option envisageable. Restera à lui de confirmer dans le futur. Il est encore jeune, ses meilleures années sont devant lui !